Afrique du Sud : La filière pistache veut se hisser sur le marché mondial
- mai 15, 2026
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Par S.A.
Par S.A.
Longtemps cantonnée aux agrumes, l’agriculture sud-africaine explore désormais une nouvelle frontière : celle de la pistache, un marché en pleine tension mondiale.
L’Afrique du Sud entend désormais se positionner sur une production encore marginale localement, mais en forte croissance à l’échelle internationale. L’ambition est de capter entre 5 % et 8 % du marché mondial d’ici dix ans, en s’appuyant sur les atouts climatiques de la région du Cap-du-Nord.
Pour David Muller, PDG de Karoo Pistachios, cette stratégie repose sur un constat simple : les principaux producteurs mondiaux — États-Unis, Iran, Turquie et Syrie — font face à des défis structurels, notamment la rareté de l’eau, les effets du changement climatique et des tensions géopolitiques. Autant de facteurs qui fragilisent l’offre face à une demande mondiale en hausse.
L’entreprise sud-africaine vise à multiplier sa production par trois afin d’atteindre 60 000 tonnes par an d’ici dix ans, en s’appuyant sur une demande mondiale attendue en hausse de 5 à 6 % chaque année.
Des financements innovants pour soutenir la filière
Cette dynamique s’inscrit également dans une logique de rattrapage. Dans les années 1990, une première tentative de structuration de la filière avait échoué, faute de financement et de suivi, entraînant l’abandon de nombreux vergers.
Aujourd’hui, la relance s’appuie sur de nouveaux modèles économiques. Fedgroup prévoit d’investir 50 millions d’euros sur trois à quatre ans pour soutenir l’expansion des plantations. Son approche repose sur un financement de long terme, adapté au cycle de production des pistachiers, avec un remboursement indexé sur les revenus agricoles une fois les arbres arrivés à maturité.
Ce dispositif vise à sécuriser les investissements et à structurer une filière encore émergente, mais désormais appelée à se développer dans un marché mondial en pleine recomposition, où de nouveaux acteurs cherchent à s’imposer.