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Drogues en Afrique : La CEDEAO veut réduire le coût de la réponse pénale

  • octobre 6, 2026
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La CEDEAO privilégie le traitement et la réinsertion des personnes souffrant de troubles liés à la consommation de drogues afin de limiter le recours à l’emprisonnement

Drogues en Afrique : La CEDEAO veut réduire le coût de la réponse pénale

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) privilégie le traitement et la réinsertion des personnes souffrant de troubles liés à la consommation de drogues afin de limiter le recours à l’emprisonnement.

La CEDEAO cherche à renforcer les alternatives à l’emprisonnement des personnes souffrant de troubles liés à la consommation de drogues. Dans ce cadre, l’organisation régionale a ouvert, mardi 6 octobre 2026 à Cotonou, un atelier de formation des formateurs consacré aux alternatives à l’emprisonnement. Cette rencontre de quatre jours s’inscrit dans un projet pilote régional destiné à renforcer l’orientation des personnes concernées vers le traitement, la réadaptation et la réinsertion sociale.

Pour la CEDEAO, l’incarcération représente également une charge pour les finances publiques. Elle mobilise des ressources dans les secteurs de la justice, de la sécurité et de l’administration pénitentiaire, sans toujours permettre de traiter les causes des conduites addictives.

Les participants doivent travailler sur des solutions permettant de mettre en place un cadre légal pour le traitement et la réadaptation. L’objectif est de réduire le recours à la réponse pénale et de renforcer les moyens consacrés à la santé, à la prévention et à la réinsertion.

Selon le représentant du président de la CEDEAO, Mahuéna Jonas Houédou, l’organisation régionale travaille depuis 2019 au renforcement des capacités de traitement. Plus de 12 centres de traitement et de réadaptation dans dix États membres ont bénéficié d’un appui, notamment pour la rénovation des infrastructures et l’acquisition d’équipements.

Le Bénin renforce ses capacités de prise en charge

Au Bénin, la CEDEAO accompagne la rénovation de l’unité de soins aux toxicomanes du Centre national hospitalier universitaire de psychiatrie de Cotonou. Les travaux affichent un taux d’exécution de 60 %, selon les données communiquées lors de la cérémonie. Cette infrastructure doit accroître les capacités nationales de prise en charge et réduire la pression sur les systèmes de santé, de justice et de sécurité.

Éric Agossounon, représentant du ministre délégué auprès du président de la République chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a rappelé que le Bénin avait engagé des réformes visant notamment à éviter l’incarcération systématique.

Un enjeu pour les finances publiques

L’enjeu porte désormais sur l’identification des personnes concernées, leur orientation vers les structures adaptées et leur suivi. Les capacités d’accueil des services sanitaires et sociaux devront également être renforcées.

Selon la CEDEAO, la prise en charge et la réinsertion peuvent permettre aux personnes concernées de retrouver leur place dans leur famille, leur formation ou leur emploi. À l’inverse, l’exclusion, la récidive et les séjours répétés en détention représentent des coûts supplémentaires pour les familles et les pouvoirs publics.

Des économies à mesurer

Le coût du traitement, le taux de réinsertion, la récidive, le retour à l’emploi et les dépenses évitées dans le système pénitentiaire constituent autant d’indicateurs susceptibles de mesurer les résultats de cette approche. Leur suivi permettra d’établir le coût réel des alternatives à l’emprisonnement et leurs effets sur les finances publiques. Par J.A

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