À Kigali, la ministre rwandaise de l’Environnement, Bernadette Arakwiye, a appelé mercredi les investisseurs à élargir le financement carbone à l’agriculture, aux énergies renouvelables et à l’industrie, lors du Carbon Markets Africa Summit (CMAS 2026).
La foresterie et la cuisson propre concentrent l’essentiel des crédits carbone émis en Afrique. Au Rwanda, les foyers améliorés représentent à eux seuls 87 % des volumes émis, tandis que l’agriculture reste largement absente du marché. Un déséquilibre dénoncé par Bernadette Arakwiye lors du Carbon Markets Africa Summit (CMAS 2026) réunissant des participants venus d’une vingtaine de pays africains. Selon elle, l’agriculture n’a généré qu’environ 1 % des crédits du marché volontaire du carbone en vingt ans, alors qu’elle constitue une source majeure de revenus et d’emplois sur le continent.
La ministre rwandaise de l’Environnement a également relevé les difficultés d’accès au financement, la volatilité des prix et le coût élevé des études nécessaires à la validation des projets. Elle appelle à orienter davantage de capitaux privés vers les énergies renouvelables, l’écomobilité, la décarbonation industrielle et la gestion des déchets.
Kigali réclame des règles adaptées et des prix équitables
Pour faciliter le financement des projets, Bernadette Arakwiye préconise des normes adaptées, des guichets dédiés aux études de faisabilité et des contrats d’achat à long terme. Elle estime que la rémunération des crédits doit tenir compte des coûts liés à leur intégrité environnementale et de la valeur des ressources mobilisées par les pays hôtes.
La ministre demande enfin aux partenaires internationaux de soutenir les compétences, les institutions et les systèmes de données africains. À l’approche de la COP31, prévue à Antalya, en Turquie, le Rwanda entend défendre des marchés du carbone qui financent davantage les priorités économiques du continent.
Par S.A.