Alstom chute de 30 % en Bourse et inquiète les investisseurs
- avril 17, 2026
- 0
Par S.A.
Le constructeur ferroviaire Alstom a subi une lourde sanction des marchés financiers après avoir revu à la baisse ses objectifs de rentabilité.
À l’ouverture de la Bourse de Paris, le titre a plongé de 30 %, traduisant la défiance des investisseurs face à une trajectoire financière désormais jugée incertaine. En cause, l’annonce faite par l’entreprise d’une marge d’exploitation ajustée attendue autour de 6 % pour l’exercice 2025-2026, contre une prévision initiale d’environ 7 %. Cette révision s’explique notamment par la constitution d’une provision destinée à couvrir des retards de livraison de matériel roulant, sans que son montant ne soit précisé.
Au-delà de cet ajustement, Alstom a également revu à la baisse ses ambitions à moyen terme. L’objectif de générer un cash-flow libre cumulé de 1,5 milliard d’euros sur la période 2024-2027 n’est plus maintenu. De même, la cible d’une marge opérationnelle comprise entre 8 % et 10 % d’ici 2026-2027 apparaît désormais hors de portée.
Des retards de livraison en cause
Ces annonces ont immédiatement pesé sur la confiance des investisseurs. « Dès que la visibilité sur la rentabilité et les flux de trésorerie se dégrade, la réaction du marché est souvent brutale », souligne un analyste financier auprès de l’AFP, rappelant la sensibilité du secteur à la rigueur d’exécution des projets.
Les difficultés rencontrées par Alstom tiennent en grande partie à des retards sur plusieurs contrats majeurs. Certains projets de trains, dont les nouveaux TGV M destinés à la SNCF et des rames pour le RER B à Paris, ont progressé plus lentement que prévu, affectant à la fois les marges et la génération de trésorerie à court terme.
Restaurer la rentabilité
Malgré ces difficultés, l’activité commerciale du groupe demeure bien orientée. Alstom a enregistré 27,6 milliards d’euros de commandes sur l’année, portant son carnet à plus de 100 milliards d’euros. Son chiffre d’affaires a également progressé pour s’établir à 19,2 milliards d’euros, contre 18,5 milliards lors de l’exercice précédent.
Face à cette situation, la direction entend réagir. Le nouveau directeur général, Martin Sion, en poste depuis le 1er avril, a annoncé le lancement d’un plan de transformation opérationnelle visant à améliorer l’exécution des projets, restaurer la rentabilité et renforcer la génération de trésorerie. Les détails de cette stratégie devraient être précisés dans les prochains mois, alors que le groupe s’apprête à publier ses résultats annuels le 13 mai. Par S.A.