Agro-Industrie

Pourquoi le Maroc mise sur l’agroécologie pour transformer son agriculture

  • mai 1, 2026
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Par Sylvanus Ayimavo

Pourquoi le Maroc mise sur l’agroécologie pour transformer son agriculture

Face à la pression sur les ressources naturelles, à la volatilité des coûts agricoles et aux enjeux climatiques, le Maroc accélère sa transition vers l’agroécologie. Cette approche, qui gagne du terrain auprès des acteurs publics, des chercheurs et des producteurs, s’impose progressivement comme une alternative au modèle agricole conventionnel.

Soutenue par des ONG et de plus en plus intégrée dans les politiques publiques, cette transition vise à réduire l’usage des intrants chimiques, à maîtriser les coûts de production et à renforcer la durabilité des systèmes agricoles. Sur le terrain, de nombreux agriculteurs adoptent progressivement ces pratiques, malgré des contraintes techniques et organisationnelles.
Pour les chercheurs, l’agroécologie représente un compromis. « Elle se situe entre l’agriculture conventionnelle, orientée vers la productivité, et le bio, souvent plus coûteux et moins productif », explique le chercheur Filippo Bassi, rencontré par RFI sur le stand Icarda, un centre de recherche pour l’innovation en agroécologie, lors d’une conférence sur le développement de l’agroécologie au Maroc. L’objectif est de concilier rendement, réduction des intrants et respect de l’environnement.

*Un modèle agricole encore en transition*

Cette dynamique est également portée par les autorités marocaines, dans un contexte où la sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique deviennent des priorités stratégiques. Selon Rachida Mehdioui, présidente du Réseau des initiatives agroécologiques au Maroc, le pays affiche une volonté politique claire d’accompagner cette transformation, même si les mécanismes de soutien restent à renforcer, notamment sur la commercialisation des produits.
Le modèle conventionnel reste toutefois dominant, mais les contraintes environnementales, la raréfaction des ressources et l’évolution des attentes des consommateurs accélèrent les changements dans le secteur agricole.
Dans le cadre du plan “Génération Green”, le Maroc s’est fixé l’objectif d’atteindre 100 000 hectares en agriculture biologique d’ici 2030, sur un total de 8,7 millions d’hectares de terres cultivables.
Face aux pressions économiques et climatiques, l’agroécologie devient un levier clé de transformation du modèle agricole marocain et de sa résilience future.

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