Saison morose pour le tourisme malgache
- mai 6, 2026
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Par S.A.
Le secteur touristique malgache s’oriente vers une saison difficile, impacté par les répercussions de la crise au Moyen-Orient. La hausse du prix des billets d’avion et la prudence des voyageurs européens, principaux visiteurs de la Grande Île, entraînent une nette baisse des réservations.
À Tuléar, dans le sud-ouest, les professionnels constatent déjà un recul marqué. « On devrait déjà être à 50% de notre occupation pour la période d’été, donc les vacances en Europe. Mais là, c’est des balbutiements de réservations que nous avons. On en est qu’à 15 ou 20% », explique à RFI Odilon Ranaivoson, un opérateur hôtelier. Celui qui possède deux hôtels et un bar culturel dans cette région du sud-ouest de Madagascar redoute une baisse de la qualité des services face à la pression des coûts.
Selon Johann Pless, vice-président de la Confédération du tourisme de Madagascar, les billets ont augmenté de 30 % à 50 % en raison de la flambée du carburant aérien, accentuée par les tensions géopolitiques. La suspension temporaire de certaines liaisons aériennes a également réduit la capacité d’accueil. « La compagnie aérienne Émirates a arrêté ses vols sur Madagascar, ça fait des milliers de sièges en moins », fait savoir l’expert du secteur.
Après une crise politique en 2025 ayant déjà coûté près de 100 millions de dollars au secteur, Sylvia Rajaonalimanana, directrice exécutive de l’association des tour-opérateurs de Madagascar, qui réunit 80 membres, appelle à un partage des risques et à une adaptation des marges. Malgré ces difficultés, Madagascar vise à long terme un milliard de dollars de revenus touristiques annuels, contre 700 millions actuellement. Par S.A.