Le Bénin présente les résultats de l’ENR de son dispositif de blanchiment d’argent
septembre 11, 2026
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Face à l’évolution des menaces financières, le Bénin veut consolider ses garde-fous contre les capitaux d’origine illicite et mieux orienter les efforts de surveillance vers les secteurs les
Face à l’évolution des menaces financières, le Bénin veut consolider ses garde-fous contre les capitaux d’origine illicite et mieux orienter les efforts de surveillance vers les secteurs les plus vulnérables.
La lutte contre le blanchiment de capitaux s’impose davantage comme un enjeu de gouvernance économique au Bénin. Le pays entend renforcer son dispositif de prévention et de contrôle à travers sa Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), à la faveur d’un atelier national consacré à la diffusion des résultats de la mise à jour de l’Évaluation nationale des risques (ENR). La rencontre vise à permettre aux acteurs concernés de mieux cerner les secteurs exposés aux risques de flux financiers illicites et d’adapter leurs mécanismes de contrôle.
Tenu ce jeudi 10 septembre 2026 à Cotonou, avec l’appui financier et technique de la Coopération allemande (GIZ), en partenariat avec la CENTIF et sous la coordination du Comité national de coordination des activités de LBC/FT/FP (CNCA-LBC/FT/FP), l’atelier a réuni notamment les banques, les compagnies d’assurance, les institutions de microfinance, les professions assujetties, les administrations ainsi que les organes de supervision.
Mieux cerner les risques financiers
Pour les autorités, la lutte contre le blanchiment de capitaux constitue désormais un enjeu majeur de gouvernance économique. Elle touche à la transparence des transactions, à la mobilisation des ressources publiques, mais aussi à la confiance des investisseurs et à la crédibilité du système financier. Pour le président de la CENTIF, Abdou Rafiou Bello, l’objectif de l’ENR est avant tout de permettre au pays de mieux connaître et de hiérarchiser ses risques afin de prendre des mesures adaptées.
« Il est important que le Bénin puisse maîtriser ses risques, les hiérarchiser afin de prendre des mesures concrètes », a-t-il expliqué. Selon lui, les conclusions de l’évaluation nationale des risques font ressortir une amélioration globale du profil de risques du Bénin depuis 2018. « Le rapport de l’évaluation nationale des risques a montré que, de façon globale, depuis 2018, le profil des risques du Bénin s’est beaucoup amélioré », a-t-il souligné.
Des acteurs mobilisés autour du dispositif
La mobilisation des banques, des assurances, des institutions de microfinance, des professions assujetties, des administrations et des organes de supervision traduit la volonté d’impliquer l’ensemble de la chaîne financière dans le renforcement du dispositif. Cette approche doit permettre d’améliorer la détection des opérations suspectes et d’adapter les mécanismes de contrôle aux risques identifiés.
Le ministre délégué chargé des Finances et de la Microfinance, Nicolas Yenoussi, appelle pour sa part à passer du diagnostic à l’action, notamment à travers davantage de digitalisation, de traçabilité et de contrôles fondés sur les risques.
« Plus la digitalisation doit simplifier la traçabilité, plus l’inclusion financière doit s’accompagner d’une meilleure maîtrise des risques », a-t-il insisté.
Passer du diagnostic à l’action
Une stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération a par ailleurs été élaborée et soumise au Conseil des ministres. Sa mise en œuvre doit contribuer à préparer la prochaine évaluation mutuelle du Bénin par le GIABA, prévue en février 2028, mais surtout à renforcer durablement l’intégrité et la crédibilité du système économique et financier national.
La diffusion des résultats de l’ENR marque ainsi le début d’une nouvelle phase pour le Bénin. Pour les autorités, renforcer l’intégrité des flux financiers revient aussi à mieux protéger les ressources du pays, à consolider la confiance des investisseurs et à préserver la crédibilité de l’économie béninoise. Par J.A.