Agro-Industrie

La BAD veut transformer l’épargne africaine en investissements

  • septembre 15, 2026
  • 0

La Banque africaine de développement (BAD) veut tirer davantage parti des quelque 4 000 milliards de dollars d’épargne disponibles sur le continent pour soutenir les investissements de long

La BAD veut transformer l’épargne africaine en investissements

La Banque africaine de développement (BAD) veut tirer davantage parti des quelque 4 000 milliards de dollars d’épargne disponibles sur le continent pour soutenir les investissements de long terme et le financement du développement.

La Banque africaine de développement (BAD) travaille à la mise en place d’un mécanisme financier africain destiné à rapprocher les ressources disponibles des besoins de financement des économies du continent. Le projet, présenté lors du forum des caisses de dépôt et de consignation tenu à Cotonou au début du mois de septembre 2026, repose notamment sur le partage des risques et la mise en commun des moyens de financement.

Pour l’institution, le problème de l’Afrique ne tient pas uniquement au manque de ressources financières. Il réside aussi dans la difficulté à transformer l’épargne disponible en financements destinés aux investissements de long terme. Selon l’institution, le continent dispose d’un potentiel d’épargne estimé à près de 4 000 milliards de dollars, détenu notamment par les banques, les assureurs, les fonds de pension, les fonds d’investissement et les caisses de dépôt.

L’enjeu est donc de mieux organiser ces ressources et de les orienter davantage vers le financement des économies africaines.

Bâtir une architecture financière sur trois niveaux

La BAD veut agir à trois niveaux : continental, régional et local. Elle entend mobiliser des ressources à grande échelle et les mettre à la disposition des institutions régionales, qui pourront ensuite renforcer les acteurs locaux, notamment les caisses de dépôt et les structures intervenant dans le financement des PME et du secteur privé.

Cette démarche doit permettre de répondre à deux difficultés. D’une part, créer un effet de levier pour que les ressources mobilisées permettent de financer des montants plus importants. D’autre part, réduire les risques grâce à des mécanismes de garantie mieux structurés.

Renforcer les mécanismes de garantie

Dans ce dispositif, l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (ATIDI) devrait occuper une place importante en matière de garanties. Avec environ 825 millions de dollars de capital, l’institution dispose déjà de plusieurs instruments destinés à couvrir les risques liés aux investissements et au commerce. La BAD souhaite renforcer progressivement sa capacité d’intervention afin de faciliter l’arrivée de nouveaux financements.

La mobilisation de l’épargne africaine constitue également un axe important. La BAD veut notamment favoriser une plus grande participation des fonds de pension, des caisses de sécurité sociale et des fonds souverains au financement des économies du continent. Ces institutions disposent de ressources importantes qui pourraient être davantage consacrées aux infrastructures, aux entreprises et aux projets de développement.

Donner un rôle plus important aux CDC

La BAD souhaite par ailleurs travailler avec les caisses de dépôt et de consignation (CDC), qui disposent d’une bonne connaissance des économies nationales, pour mettre en place des instruments communs de financement.

L’idée est de permettre aux CDC de mettre une partie de leurs ressources en commun au sein d’un véhicule collectif. La BAD pourrait y apporter des capitaux, de la dette et une assistance technique. Ce dispositif permettrait de financer des projets de taille importante, notamment à l’échelle régionale et panafricaine.

Pour l’institution, cette mise en commun doit surtout permettre aux ressources africaines de financer davantage de projets sur le continent, plutôt que de rester dispersées entre différents acteurs et marchés. Par Julien AGBEZOUNHLON

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *