Coton : 30 milliards FCFA immobilisés au port d’Abidjan
- octobre 17, 2026
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Une somme de 30 milliards FCFA sont immobilisés au port d’Abidjan pour le coton en Côte d'Ivoire
Une somme de 30 milliards FCFA sont immobilisés au port d’Abidjan pour le coton en Côte d'Ivoire
Alors que la nouvelle campagne démarre en Afrique de l’Ouest, la congestion du port d’Abidjan bloque l’expédition de 3 000 tonnes de coton d’Ivoire Coton, retarde l’encaissement de ses recettes d’exportation et complique le règlement des producteurs.
La commercialisation de la précédente récolte de coton est largement achevée en Afrique de l’Ouest, mais une partie des volumes vendus attend toujours son expédition. Depuis la fin du mois de mai, la congestion du port d’Abidjan perturbe les opérations d’exportation et allonge les délais de livraison aux clients internationaux.
Les exportations sont perturbées par les annulations d’escales, le manque de conteneurs vides et les difficultés d’accès aux terminaux. Selon Johanna Adotevi, directrice commerciale d’Ivoire Coton et de Faso Coton, les délais d’expédition atteignent désormais trois mois, contre trois semaines en temps normal. Elle décrit une situation sans précédent depuis quinze ans.
Des pénalités financières
Pour Ivoire Coton, environ 3 000 tonnes de coton restent bloquées, représentant près de 30 milliards FCFA, soit 45,7 millions d’euros. Des recettes que l’entreprise ne pourra encaisser si les cargaisons ne sont pas embarquées.
Cette immobilisation pèse sur sa trésorerie et complique le règlement des producteurs.
Les difficultés touchent également les autres acteurs de la filière. Les retards d’expédition perturbent les paiements aux producteurs, tandis que les négociants doivent supporter des frais supplémentaires liés au stationnement des conteneurs. Les retards de livraison risquent aussi de mécontenter les clients et d’entraîner des pénalités financières.
La compétitivité du coton africain en question
À ces difficultés logistiques s’ajoute l’incertitude sur les conditions d’accès au marché indien. L’Inde, l’un des principaux acheteurs de coton africain, doit rétablir les droits de douane sur cette fibre à compter du 1er novembre. Cette échéance constitue un risque supplémentaire pour les exportateurs, même si les destinations des cargaisons actuellement bloquées ne sont pas précisées.
La concurrence du coton brésilien, disponible plus rapidement, accentue les inquiétudes des opérateurs africains. Johanna Adotevi craint que ces retards ne ternissent l’image du coton africain auprès des acheteurs et ne les incitent à négocier les prix à la baisse lors de la prochaine campagne.
S.A.