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Outre le pétrole, la guerre au Moyen-Orient frappe d’autres matières premières clés

  • avril 3, 2026
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Par Sylvanus Ayimavo

Outre le pétrole, la guerre au Moyen-Orient frappe d’autres matières premières clés

La guerre au Moyen-Orient ne menace pas seulement le pétrole : elle met sous tension des ressources essentielles à l’industrie, à l’agriculture et à la technologie.

Hélium, engrais, aluminium, ou soufre voient leurs approvisionnements fragilisés, avec des répercussions directes sur les prix mondiaux et les chaînes de production.
Hélium. Moins connu que le pétrole, l’hélium est pourtant crucial. Utilisé pour refroidir les puces électroniques, dans l’imagerie médicale ou pour l’aérospatial, il dépend à un tiers du Qatar. Les frappes sur les installations de Ras Laffan ont déjà perturbé la filière, rappelant combien cette ressource rare est vulnérable.
Engrais. Le Golfe Persique fournit une part majeure de l’ammoniaque, de l’urée et du soufre, composants essentiels des engrais. Le gaz naturel représente jusqu’à 80 % du coût de production de certains engrais. Une flambée des prix ou une perturbation de l’approvisionnement pourrait donc se traduire par une hausse des prix alimentaires à l’échelle mondiale.

Fragilité des chaînes industrielles

Aluminium. Le Moyen-Orient produit entre 8 et 9 % de l’aluminium mondial. Après des attaques sur des fonderies au Bahreïn et aux Émirats, le cours a grimpé de 4,22 %, atteignant 3 435 dollars la tonne. L’Europe, dépendante de cette région après les sanctions sur la Russie, illustre la fragilité des chaînes industrielles : redémarrer une fonderie arrêtée peut prendre jusqu’à un an.
Outre l’hélium, l’engrais et l’aluminium, d’autres matières premières sont également touchées par la guerre au Moyen-Orient : naphta et éthylène, bases de la pétrochimie. Ces matières premières sont essentielles à la production de plastiques et fibres synthétiques. Le soufre, indispensable à l’acide sulfurique et aux batteries, connaît déjà une demande très élevée. Pour certaines de ces ressources, les possibilités de substitution sont quasi nulles.

Effets durables

Pour l’instant, aucune pénurie généralisée n’est déclarée. Mais les prix augmentent, les livraisons sont retardées et les stocks sont fragiles. Certaines entreprises asiatiques absorbent encore le choc grâce à des stocks et à des fournisseurs alternatifs. Pourtant, plus le conflit se prolonge, plus les effets pourraient se généraliser, affectant durablement l’industrie, l’agriculture et la technologie. « Plus la crise durera, plus les impacts se feront sentir », avertit Axel Eggert, directeur général d’Eurofer auprès de l’AFP. Par S.A.

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