Distribution bio : Une entente illicite coûte des millions aux enseignes
- avril 17, 2026
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Par S.A.
Par S.A.
En France, le secteur de la distribution de produits biologiques est secoué par une décision majeure de l’Autorité de la concurrence, qui a infligé près de 13 millions d’euros d’amendes à plusieurs acteurs pour des pratiques anticoncurrentielles. Au centre de cette affaire, une entente entre enseignes visant à limiter la concurrence et à maintenir des prix élevés sur le marché du bio.
Selon les conclusions de l’enquête, des magasins spécialisés et certains distributeurs ont mis en place une stratégie commune destinée à empêcher la vente des mêmes marques de produits bio dans différents circuits de distribution, fait savoir l’AFP. L’objectif était de rendre les comparaisons de prix difficiles pour les consommateurs et d’éviter ainsi une pression à la baisse sur les tarifs.
Cette organisation a particulièrement bénéficié aux enseignes spécialisées, dans un contexte où les grandes surfaces ont fortement développé leur offre bio au cours des dernières années. Devenues le principal canal de distribution depuis 2016, ces dernières représentaient une concurrence directe que certains acteurs ont cherché à contenir.
Contourner les restrictions
Le syndicat Synadis Bio, qui regroupe notamment Biocoop, Naturalia ou encore La Vie Claire, a été le plus lourdement sanctionné avec une amende de 10 millions d’euros pour avoir mis en place cette stratégie de mars 2017 à octobre 2024, dans le cadre de réunions de son conseil d’administration « puis d’un règlement intérieur adopté en 2018 ». L’Autorité lui reproche d’avoir imposé notamment à ses adhérents « d’avoir un référencement d’au moins 95 % de produits alimentaires biologiques emballés, exclusivement distribués dans des magasins spécialisés bio ». Ce fonctionnement a même conduit certains fournisseurs à créer des marques distinctes pour un seul et même produit, afin de contourner les restrictions.
Un impact direct sur les consommateurs
D’autres entreprises ont également été sanctionnées. C’est le cas de Greenweez, acteur du e-commerce bio, condamné à 1,85 million d’euros, ou encore de structures liées au groupement Les Mousquetaires. Certaines de ces entreprises envisagent d’ailleurs de contester la décision.
Au final, ces pratiques ont eu un impact direct sur les consommateurs, avec des écarts de prix pouvant atteindre 30 % pour des produits identiques selon le circuit de distribution. Par S.A.