Economie

Inflation alimentaire : L’Afrique sous pression à cause du conflit au Moyen-Orient

  • mai 1, 2026
  • 0

Par Sylvanus Ayimavo

Inflation alimentaire : L’Afrique sous pression à cause du conflit au Moyen-Orient

La crise au Moyen-Orient, initialement concentrée sur le secteur énergétique, commence à se répercuter sur les prix alimentaires en Afrique.

La guerre au Moyen-Orient provoque désormais une hausse significative des prix alimentaires en Afrique, touchant aussi bien les céréales que les huiles et les produits transformés. En cause, notamment, les perturbations du détroit d’Ormuz, qui désorganisent les flux commerciaux mondiaux. Cette instabilité renchérit le transport maritime et fragilise l’approvisionnement en engrais, indispensables à la production agricole. Résultat : toute la chaîne alimentaire est affectée, du champ jusqu’au consommateur.
Très dépendant des importations, le continent africain importe chaque année environ 100 millions de tonnes de céréales, pour une valeur estimée à plus de 75 milliards d’euros. L’Afrique de l’Ouest, à elle seule, représente près de 20 % des importations mondiales de riz, selon des experts du secteur.
« Deux grains de riz sur trois consommés en Afrique de l’Ouest viennent de l’étranger », souligne Matthieu Brun, directeur scientifique de la Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde (Farm), qui met en garde contre un risque de restrictions d’exportations des principaux producteurs asiatiques, notamment l’Inde, la Thaïlande ou le Vietnam.

Des solutions encore limitées face aux chocs eSur le plan des prix, la tendance est déjà visible. Selon la FAO, les huiles ont augmenté de 13 % en trois mois, le sucre de 7 % et le blé de 4 %, confirmant une dynamique inflationniste persistante sur les marchés alimentaires.
Face à cette situation, les solutions envisagées vont des subventions ciblées à la diversification des sources d’approvisionnement en engrais, voire à des accords d’achat groupés entre États africains pour renforcer leur pouvoir de négociation.
Sur le terrain logistique, les perturbations sont déjà visibles. « Nous devons modifier les routes maritimes, ce qui affecte la prévisibilité des livraisons », explique Jean-Cédric Meeus, de l’Unicef, évoquant une congestion des ports et des détours complexes via plusieurs hubs.
Si les tensions au Moyen-Orient se prolongent, l’Afrique pourrait voir s’installer une inflation alimentaire durable, révélant une nouvelle fois la fragilité de sa dépendance aux marchés mondiaux.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *