Culture

En Tunisie, la flambée des prix des produits alimentaires assombrit la Tabaski

  • mai 26, 2026
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Par Sylvanus Ayimavo

En Tunisie, la flambée des prix des produits alimentaires assombrit la Tabaski

À quelques heures de la célébration de l’Aïd el-Kebir, prévue mercredi 27 mai 2026, la hausse des prix alimentaires ravive les tensions sur le pouvoir d’achat en Tunisie.

Au marché de gros de Bir Kassaa, principal centre d’approvisionnement de Tunis, les commerçants constatent une forte volatilité des prix. Les pommes de terre, par exemple, sont passées de 1,6 à 2 dinars le kilogramme en quelques jours, constate sur place un correspondant de RFI. Les tarifs sont désormais ajustés quotidiennement selon l’offre et la demande, sous la supervision du ministère du Commerce.

Plusieurs facteurs expliquent cette flambée des prix. Les grossistes pointent notamment la multiplication des circuits parallèles et des revendeurs informels. Mais derrière cette économie informelle apparaît surtout la fragilité financière des petits producteurs agricoles.

Des déséquilibres structurels persistants

La hausse du coût des engrais, les difficultés de transport et les effets du réchauffement climatique compliquent l’accès des agriculteurs aux marchés organisés. Faute de trésorerie suffisante, beaucoup dépendent d’intermédiaires qui captent une part importante des marges tout au long de la chaîne logistique.

Le secteur du stockage des produits frais traverse également une période de fortes tensions. Selon plusieurs économistes tunisiens, les contrôles renforcés contre la spéculation ont découragé une partie des opérateurs du secteur, réduisant progressivement l’offre disponible sur les marchés.

Des fragilités structurelles

L’économiste Ridha Chkoundali estime que l’assimilation du stockage à des pratiques spéculatives a profondément perturbé la filière, contribuant à accentuer les pénuries et la hausse des prix.

À ces fragilités structurelles s’ajoutent désormais les effets du contexte géopolitique mondial, qui accentuent les pressions sur les coûts d’importation et les prix alimentaires. De nombreux ménages tunisiens abordent l’Aïd 2026 avec des arbitrages budgétaires de plus en plus difficiles.

S.A.

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