Nigeria : La Banque centrale serre la vis sur les transferts d’argent
- mars 26, 2026
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Par Sylvanus AYIMAVO
La Banque centrale du Nigeria (CBN) impose désormais aux opérateurs internationaux de domicilier leurs transactions localement pour renforcer la transparence et mieux capter les flux financiers de la diaspora.
Le Nigeria durcit la régulation du secteur. À partir du 1er mai, des acteurs majeurs comme Western Union ou MoneyGram devront ouvrir des comptes de règlement en naira auprès de banques agréées. Concrètement, tous les fonds envoyés depuis l’étranger – Londres, New York ou Dubaï – devront transiter par ces comptes avant d’être versés aux bénéficiaires.
Avec cette réforme, la Banque centrale veut améliorer la traçabilité des transactions. Une partie des flux échappait jusqu’ici à la supervision des autorités, alimentant un marché parallèle des changes. L’objectif est aussi de renforcer la liquidité en devises sur le circuit officiel et de soutenir le naira, sous pression depuis plusieurs années.
Vers une harmonisation des taux de change
Autre évolution majeure : les opérateurs devront désormais s’appuyer sur la plateforme Bloomberg BMatch pour fixer leurs taux de change. L’objectif est de réduire les écarts entre acteurs et d’orienter davantage les transactions vers le marché officiel.
Les exigences en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, sont également renforcées. Les opérateurs devront tenir des registres détaillés et les mettre à la disposition des autorités de contrôle.
Un enjeu stratégique pour l’économie
Les transferts de la diaspora représentent une source clé de devises pour le Nigeria. Selon la Banque mondiale, le pays figure parmi les principaux bénéficiaires en Afrique subsaharienne, avec plusieurs milliards de dollars reçus chaque année.
Selon les statistiques, le Nigeria est le premier bénéficiaire des transferts de fonds de la diaspora en Afrique subsaharienne, avec plus de 19,5 à 25 milliards de dollars reçus en 2023-2024. Ces envois, cruciaux pour l’économie, soutiennent les familles et dépassent souvent les investissements directs étrangers. Les États-Unis sont le principal pourvoyeur. Par Sylvanus AYIMAVO