UEMOA : La croissance bancaire masque de fortes disparités
- avril 6, 2026
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Par J.A.
Avec 161 établissements de crédit recensés à fin 2025, le secteur bancaire de l’UEMOA affiche une expansion notable. Mais derrière cette dynamique se cachent des inégalités importantes entre les pays membres et des défis persistants en matière d’inclusion financière.
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a publié la liste officielle des établissements de crédit agréés au 31 décembre 2025. Ce panorama montre un secteur en croissance, soutenu par une diversification des acteurs, mais encore marqué par une répartition inégale.
Au total, l’Union compte 161 établissements, dont 136 banques – incluant 22 succursales – et 25 établissements financiers à caractère bancaire. Cette structuration traduit une évolution progressive du système financier, avec une prédominance toujours nette des activités bancaires classiques.
L’analyse par pays révèle une concentration marquée. La Côte d’Ivoire et le Sénégal dominent avec 33 établissements chacun, dont 29 banques et 4 établissements financiers. Ensemble, ils regroupent plus de 40 % des acteurs du secteur, consolidant leur rôle de pôles financiers régionaux. Leur attractivité repose sur la taille de leurs marchés, la stabilité économique et leur capacité à attirer des groupes bancaires internationaux.
Derrière eux, le Burkina Faso et le Niger comptent 20 établissements chacun, le Mali et le Togo 17 chacun, le Bénin 15 et la Guinée-Bissau 6. Le Niger se distingue par une présence plus importante d’établissements financiers non bancaires, reflétant une structuration différente de son marché.
Besoin d’une croissance plus équilibrée
L’écosystème financier s’élargit également avec 25 établissements spécialisés, 30 structures de paiement agréées et près de 300 institutions de microfinance de grande taille. Cette diversification soutient l’innovation, notamment dans les services de paiement et la finance inclusive.
Cette évolution se traduit aussi par une progression significative du nombre de comptes bancaires. Selon des données compilées par Financial Afrik, leur nombre est passé d’environ 22,2 millions en 2024 à près de 24 millions en 2025. La Côte d’Ivoire arrive en tête avec plus de 7 millions de comptes, suivie du Burkina Faso et du Sénégal, illustrant une adoption croissante des services financiers dans la région.
Malgré ces avancées, la concentration des acteurs et les inégalités d’accès aux services financiers soulignent le besoin d’une croissance plus équilibrée, capable de renforcer l’inclusion financière dans tous les États membres. Par J.A.