Comment l’Afrique du Sud protège son acier face aux importations asiatiques
- mars 25, 2026
- 0
Par S.A.
Par S.A.
L’Afrique du Sud a décidé d’imposer des droits antidumping élevés sur les importations d’acier de construction en provenance de Chine et de Thaïlande, dans un contexte de pression accrue sur les producteurs locaux.
L’Afrique du Sud renforce son arsenal commercial pour protéger son industrie sidérurgique. Selon un avis officiel publié le 19 mars, les produits importés depuis la Chine sont désormais taxés à hauteur de 74,98 %, contre 20,32 % pour ceux en provenance de Thaïlande. Une décision qui marque un net durcissement après l’instauration, en 2024, de droits provisoires déjà significatifs.
Cette mesure intervient après une enquête menée par l’International Trade Administration Commission (ITAC), qui a mis en évidence une multiplication par 19 des importations d’acier de construction en 2023/2024.
Une riposte face à un afflux massif d’acier à bas coût
Au total, près de 28 800 tonnes ont été écoulées sur le marché sud-africain, à des prix jugés inférieurs à leur valeur réelle. Résultat : une pression accrue sur l’ensemble de la chaîne locale, des producteurs d’acier aux transformateurs de minerai de fer. L’enquête conclut à un « préjudice important » pour l’industrie nationale, fragilisée par cette concurrence jugée déloyale.
Au-delà de la concurrence étrangère, le secteur sidérurgique sud-africain fait face à des défis structurels, notamment la hausse des coûts de l’électricité. Ces contraintes ont conduit à des réductions d’activité et des suppressions d’emplois.
Symbole de ces difficultés, la filiale locale du géant mondial ArcelorMittal a annoncé en 2025 son intention de cesser ses activités dans l’acier long, segment clé pour le BTP. Des discussions sont en cours avec les autorités pour tenter de préserver cette activité stratégique.
Un protectionnisme assumé
Avec ces droits antidumping, valables pour une durée de cinq ans, Pretoria envoie un signal clair : défendre son industrie face aux distorsions de marché. Cette décision, validée par le ministre du Commerce Parks Tau, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à préserver les capacités industrielles locales et à soutenir la compétitivité du secteur. Par S.A.