La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF-Bénin) organise du 27 au 29 octobre 2026 à Cotonou un atelier consacré au renforcement des contrôles contre le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF-Bénin), avec l’appui de la GIZ, de l’Institut interrégional de recherche des Nations unies sur la criminalité et la justice (UNICRI) et de leurs partenaires, organise du 27 au 29 octobre 2026 à Cotonou un atelier consacré à la lutte contre le financement de la prolifération des armes de destruction massive. Les travaux ont été ouverts le 27 octobre par Oumara Karimou Assouman, représentant le ministre de l’Économie et des Finances, en présence du président de la CENTIF-Bénin, Abdou Rafiou Bello.
Durant trois jours, les participants examinent les risques auxquels le Bénin est exposé et les moyens de prévenir l’utilisation des circuits financiers, commerciaux et logistiques à des fins de prolifération.
Selon Abdou Rafiou Bello, l’évaluation nationale des risques a établi que le Bénin ne présente pas de risque particulier de fabrication d’armes de destruction massive, notamment en raison de l’absence d’industries spécialisées dans ce domaine. Le pays reste néanmoins exposé au détournement de ses infrastructures économiques et financières.
« Le Bénin ne présente pas en lui-même un risque de fabrication, mais ses infrastructures économiques peuvent être abusées », a déclaré le président de la CENTIF-Bénin.
Les entreprises, les circuits commerciaux et les opérations financières peuvent servir à contourner les contrôles internationaux. La position du Bénin dans les échanges commerciaux et les corridors logistiques régionaux expose notamment ses infrastructures à ce type de risque.
Le dispositif national soumis à une prochaine évaluation
L’atelier intervient alors que le Bénin prépare la prochaine évaluation de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
La représentante de l’UNICRI, Carlotta Zenere, a souligné la nécessité de renforcer les compétences des institutions concernées. Elle a notamment attiré l’attention sur les liens possibles entre les flux financiers, le commerce des biens à double usage et les réseaux de prolifération. Ces biens, conçus pour des applications civiles mais susceptibles d’être utilisés à des fins militaires, font l’objet de contrôles spécifiques.
Aucun cas identifié à ce jour
Le représentant du ministre de l’Économie et des Finances, Oumara Karimou Assouman, a indiqué que l’évaluation nationale des risques avait conclu à une menace relativement faible en matière de financement de la prolifération. Aucun cas n’a été identifié à ce jour, selon les informations présentées lors de l’ouverture de l’atelier.
Il a toutefois relevé les risques liés à l’utilisation de personnes morales, du système bancaire et des infrastructures commerciales et logistiques pour contourner les dispositifs de contrôle.
« L’efficacité de notre dispositif dépend également de notre capacité collective à traduire ces exigences dans les pratiques quotidiennes », a-t-il déclaré.
Les travaux doivent permettre aux participants de mieux identifier les opérations suspectes et de renforcer la coordination entre les institutions chargées de prévenir les flux financiers liés à la prolifération.